Comment connecter deux logiciels entre eux ?

Rédigé par
Rafaël DESPLANCHE
Publié le
August 27, 2026

Il existe plusieurs façons de connecter deux logiciels, selon leurs capacités et le niveau de complexité souhaité. Voici les principales approches :

1. Via une API (la méthode la plus courante)

Si les deux logiciels exposent une API (Application Programming Interface, ou « interface de programmation applicative ») Il y a de fortes chances pour qu'ils soient compatibles et qu'ils puissent échanger de la donnée entre eux, soit en lecture, en écriture, ou bien les deux. 

Concrètement, une API est un ensemble de règles qui permet à deux logiciels de communiquer entre eux, sans que l'un ait besoin de connaître les détails internes du fonctionnement de l'autre.

Les API les plus courantes aujourd'hui :

  • API REST : la plus répandue, basée sur le protocole HTTP (requêtes GET, POST, PUT, DELETE)
  • API GraphQL : plus flexible, permet de demander précisément les données voulues
  • API SOAP : plus ancienne, utilisée dans certains systèmes d'entreprise

La plupart des logiciels du marché mettent à disposition une API. Concrètement, l'éditeur du logiciel vous donne « un mot de passe » (une clé API) à renseigner au sein d'un logiciel tiers de manière à ce que les deux puissent communiquer des données.

Une fois cette clé configurée, les deux logiciels peuvent échanger automatiquement des informations : par exemple, un CRM peut récupérer les nouveaux contacts saisis dans un formulaire, ou un outil de facturation peut aller chercher les commandes passées sur un site e-commerce. Cette connexion peut se faire de deux manières :

  • En mode natif : si les deux logiciels ont prévu une intégration directe entre eux, il suffit souvent d'entrer la clé API dans les paramètres pour que la connexion se fasse automatiquement.
  • Via du développement sur-mesure : si aucune intégration native n'existe, un développeur peut coder un pont entre les deux API pour définir précisément quelles données doivent être échangées, et selon quelle fréquence.

L'avantage de cette méthode est qu'elle permet des échanges de données fiables, sécurisés et en temps réel, à condition que les deux logiciels proposent bien une API;, ce qui n'est pas toujours le cas de manière gratuite ou pour des outils plus anciens ou très spécifiques.

2. Via des outils no-code/low-code (iPaaS)

Des plateformes comme Zapier, Make (ex-Integromat), n8n ou Microsoft Power Automate permettent de relier deux applications sans écrire de code, via des « connecteurs » prêts à l'emploi.

  • Idéal si les deux outils sont déjà populaires (Gmail, Slack, Notion, Trello, etc.), car les connecteurs existent souvent déjà et ne demandent que quelques clics à configurer
  • Fonctionne par déclencheurs/actions (« quand X arrive dans l'app A, fais Y dans l'app B »), sous forme de scénarios visuels faciles à construire et à modifier
  • Accessible sans compétence technique, ce qui permet à des équipes métier de créer et maintenir leurs propres automatisations

Concrètement, on choisit un événement déclencheur (ex : « un nouveau lead est créé dans le CRM »), puis une ou plusieurs actions à exécuter automatiquement (ex : « envoyer un e-mail de bienvenue » et « créer une tâche dans l'outil de gestion de projet »). La plateforme se charge en coulisses de faire le lien entre les API des deux logiciels.

Cette approche est à privilégier lorsque vous souhaitez développer des scénarios d'automatisation couvrant des cas d'usage précis et déterministes, sans mobiliser de ressources de développement. Ses limites apparaissent surtout sur des volumes de données importants ou des logiques complexes (conditions multiples, transformations avancées), où les coûts et la rigidité de l'outil peuvent devenir contraignants.

Des questions quant au choix d'une solution no/low-code plutôt qu'à une autre ? Nous vous accompagnons dans la définition de vos objectifs et l'atteinte de ceux-ci. Planifiez un appel de découverte avec l'un de nos experts et obtenez des recommandations sur l'option à privilégier.

3. Via des webhooks

Un webhook est un mécanisme qui permet à un logiciel de notifier automatiquement un autre logiciel en temps réel, dès qu'un événement précis se produit (exemple : une nouvelle commande, un nouveau formulaire rempli, un changement de statut).


Leurs particularités :

  • Un fonctionnement inversé par rapport à l'API classique : au lieu d'aller interroger régulièrement le logiciel pour savoir si du nouveau est arrivé (on parle de « polling »), c'est le logiciel qui envoie l'information dès qu'elle est disponible
  • Basé sur une URL de destination : le logiciel source envoie une "requête HTTP" contenant les données de l'événement à une adresse définie à l'avance
  • Léger et rapide à mettre en place, souvent en quelques minutes si les deux outils le supportent nativement

Par exemple, un formulaire de contact peut envoyer instantanément les coordonnées d'un visiteur vers un CRM dès sa soumission, sans attendre une synchronisation périodique.

L'avantage principal des webhooks est la réactivité en temps réel et la légèreté de la mise en œuvre. En contrepartie, ils sont généralement à sens unique (un seul logiciel notifie l'autre) et nécessitent que le logiciel récepteur soit capable de traiter la requête reçue, ce qui peut demander un minimum de configuration technique ou de développement.

4. Via un fichier partagé ou une base de données commune

Cette méthode consiste à faire lire et écrire les deux logiciels dans un même support de données : un fichier (CSV, Excel) ou une base de données partagée.

  • Fonctionne sans API ni développement complexe, ce qui en fait une solution accessible même pour des logiciels anciens ou peu ouverts.
  • Souvent utilisée par lots (« batch ») : les données sont exportées, transférées puis réimportées à intervalles réguliers, plutôt qu'en temps réel. Ce qui peut parfois être contraignant selon le besoin.
  • Facile à mettre en œuvre techniquement, mais demande une organisation rigoureuse (formats, nommage, fréquence des échanges) pour éviter les erreurs. À éviter en cas de non-initiation à l'informatique.

Concrètement, un logiciel peut exporter chaque nuit un fichier CSV contenant ses données, que l'autre logiciel viendra ensuite importer automatiquement ou manuellement.

C'est une solution simple et peu coûteuse à mettre en place, particulièrement utile lorsqu'aucune API n'est disponible. Elle reste toutefois moins fiable qu'une connexion via API : risques d'erreurs humaines, absence de mise à jour en temps réel, et fragilité en cas de changement de format des fichiers.

5. Via un middleware ou un ESB (Enterprise Service Bus)

Pour des systèmes d'entreprise complexes impliquant de nombreux logiciels, des outils comme MuleSoft, Apache Kafka ou RabbitMQ jouent le rôle d'intermédiaire central qui orchestre les échanges entre toutes les applications.

  • Architecture centralisée : plutôt que de connecter chaque logiciel à tous les autres individuellement, chacun se connecte uniquement au middleware, qui redistribue ensuite les données aux bons destinataires
  • Conçu pour la montée en charge : ces outils gèrent de grands volumes de données et de flux simultanés, avec des mécanismes de fiabilité (files d'attente, gestion des erreurs, retries)
  • Nécessite une expertise technique dédiée, tant pour la mise en place que pour la maintenance de l'architecture

Cette approche est particulièrement adaptée aux grandes organisations disposant de nombreux systèmes interconnectés (ERP, CRM, outils métiers spécifiques), où une architecture point à point deviendrait ingérable. En contrepartie, elle représente un investissement conséquent en temps et en compétences, et n'est généralement pas justifiée pour connecter seulement deux logiciels.

6. Via des plugins/extensions natifs

Certains logiciels proposent des intégrations « clé en main » avec d'autres outils populaires (ex : Slack + Google Calendar, WordPress + Mailchimp), directement accessibles depuis leurs paramètres, sans configuration technique.

  • Installation en quelques clics, généralement depuis une marketplace ou un store d'extensions intégré au logiciel
  • Fonctionnalités prédéfinies par l'éditeur : les cas d'usage possibles sont limités à ce que le plugin propose, sans possibilité de personnalisation poussée
  • Maintenue par l'éditeur, ce qui garantit en général une bonne compatibilité dans le temps

Par exemple, une extension Slack peut permettre de recevoir directement dans un canal les notifications d'un outil de gestion de projet, sans qu'aucun paramétrage complexe ne soit nécessaire.

C'est la solution la plus simple et la plus rapide à mettre en œuvre lorsque le plugin recherché existe déjà, mais elle est aussi la moins flexible : si le besoin dépasse ce que propose l'extension, il faudra se tourner vers une autre méthode (API, no-code, ou développement sur-mesure).

Vous gérez encore vos processus à la main, sur Excel ou de tête ?
Plateforme agréée, outils de gestion, processus internes, données obligatoires… Savez-vous précisément où en est votre entreprise et ce qu’il vous reste à mettre en place ?

Profitez d’un diagnostic gratuit pour évaluer votre niveau de préparation, identifier les points de vigilance et définir vos prochaines actions avant l’échéance.
Plannifier un échange